Texte Genono
Illustrations Studio Bamba
Le film qui a le plus marqué Sofiane, de son adolescence durant laquelle il se faisait surnommer Jimmy pour coller au personnage joué par Robert de Niro, à la création de son propre label chez Universal, sobrement nommé Affranchis Music. Les références au long-métrage de Martin Scorsese pullulent dans la discographie du rappeur, très inspiré par l’univers mafieux ou les parallèles entre l’ascension des personnages et le parcours de certains jeunes de Seine-Saint-Denis.
AFFRANCHIS
Quand Sofiane a lancé sa deuxième partie de carrière à partir de 2016, avec un spectaculaire et inattendu retour au premier plan, l’expression « libérez Bakhaw » est rapidement devenue l’un de ses gimmicks les plus marquants. Habitant d’Aulnay incarcéré à l’époque, Bouzou aka Bakhaw s’est depuis dévoilé au public, affichant un important background aussi bien dans le rap, où il a longtemps backé Doc Gynéco, que dans la rue, où ses aventures l’ont mené assez loin dans le narcotrafic international.
BAKHAW
L’une des initiatives les plus ambitieuses de Sofiane, et le symbole le plus évident de sa volonté de fédérer. Simple morceau sous forme de réunion de kickeurs (avec YL, Hornet, GLK), ce concept devient Rentre dans le cercle, véritable émission de freestyles, avec interviews, têtes d’affiche et talents en devenir. Certains artistes en développement ont réellement marqué les esprits et renforcé leur visibilité grâce à leur passage dans le Cercle (Heuss L’Enfoiré, Kpoint, Zeguerre, Doria), tandis que des anciennes gloires ont profité de leur passage pour réaffirmer leur niveau face aux nouvelles générations (La Fouine, Sinik, REDK).
CERCLE (LE)
Issu de la diaspora algérienne, Fianso est extrêmement fier de ses origines. Né en France, il se sent « dans le cœur, aussi Algérien qu’un mec qui aurait grandi à Alger », et considère que dans le 93 ou ailleurs, « tout le monde est un peu Algérien en banlieue ». Symbole de cet amour pour son pays d’origine, le titre « DZ Mafia », tiré de la mixtape « #JesuispasséchezSo », aurait pu être mis en images à Alger selon Sofiane, mais sa boulimie de projets ne lui a pas laissé le temps d’organiser le tournage et la production de ce clip sur les terres de ses ancêtres.
DZ
Loin de se contenter d’étendre son empire dans le monde de la musique, Fianso a pris soin de diversifier ses activités et d’investir dans différents domaines. Activité en plein essor ces dernières années, le
e-sport français a donc vu l’arrivée de l’écurie Affranchis Gaming, annoncée en fin d’année 2018. Comme dans le rap où Affranchis Music réunit les têtes d’affiche, Fianso a misé sur des joueurs professionnels reconnus comme Teeqzy ou Mushway. Marché de plus d’un milliard de dollars, le e-sport compte déjà Drake, OffSet ou Lil Yachty parmi ses principaux investisseurs. Signe que le mariage entre rap et gaming a de beaux jours devant lui.
E-SPORT
Que ce soit au début de sa carrière quand il cherchait à se faire connaître par tous les moyens, ou après son accession au statut de star de la musique à partir de 2016, Fianso a toujours mis un point d’honneur à collaborer avec d’autres rappeurs, indépendamment de leur statut ou de leur place sur l’échiquier politique du rap français. Difficilement prenable en featuring, il s’est taillé au fil du temps une réputation d’outshineur, ce genre de profil qui peut venir vous déclasser sur votre propre morceau si vous ne réalisez pas la performance de votre vie.
FEATURINGS
C’est peut-être le symbole le plus fou de la réussite de Sofiane : son interprétation du personnage de Gatsby le Magnifique au théâtre sur la scène du festival d’Avignon. Difficile de faire plus improbable pour un garçon qui passe la moitié de ses morceaux à insulter des mères et qui, quelques mois plus tôt, était condamné pour avoir paralysé une autoroute le temps d’un clip. Ça n’étonnera personne, mais Fianso s’en sort à merveille aux côtés de comédiens aguerris, et convainc même les critiques les plus exigeantes. Une nouvelle corde à l’arc d’un artiste qui touche décidément à tout.
GATSBY
Présenté comme « une découverte, une révélation, un mec qui a les crocs » lors de sa première rencontre officielle avec Fianso dans « Rentre dans le cercle » en octobre 2017, Heuss L’Enfoiré s’est rapidement imposé comme l’un des plus gros hitmakers français. Sa réussite démontre la capacité de Fianso à déceler le talent chez des artistes méconnus et à leur apporter tout le soutien nécessaire pour développer leur carrière. Impossible d’être passé à côté des morceaux « La Moulaga »,
« Aristocrate » ou « Ne reviens pas » en featuring avec Gradur, qui a remporté la Victoire de la musique du titre le plus streamé en 2020. Dans le sillage d’Heuss L’Enfoiré ou encore de Soolking, d’autres profils en développement comme Sifax ou Zeguerre espèrent exploser au cours des prochains mois.
HEUSS L’ENFOIRÉ
Loquace, capable de prendre beaucoup de recul sur
son parcours, Fianso est particulièrement à l’aise en entretien. Lors de son retour au premier plan en
2016, ses nombreuses interviews renforcent son
capital-sympathie : on loue sa mentalité, sa bonne humeur et surtout son franc-parler. À une époque où les rappeurs français sont prudents voire frileux lorsqu’il s’agit d’évoquer certains noms ou de se positionner sur l’échiquier politique du rap, il n’hésite pas à aborder tous les sujets sans langue de bois. Certains extraits d’interviews ont alors beaucoup de succès sur les réseaux sociaux et contribuent à élargir son audience. Par ailleurs, Fianso, plutôt pudique au sujet de sa vie privée, se livre occasionnellement au sujet de ses enfants et présente son père aux spectateurs, une bonne manière d’aider le public à s’identifier et à s’attacher à lui.
INTERVIEWS
Après dix années de carrière en dents de scie,
Fianso explose totalement en 2016 avec la série
« #JesuispasséchezSo ». Aussi simple qu’efficace, le concept est un retour aux sources pour un artiste qui a toujours su combiner ses qualités de rappeur biberonné au rap des années 1990-2000 et sa capacité à s’adapter continuellement aux nouvelles sonorités.
Né de l’idée de faire un “album de freestyles”,
« #JesuispasséchezSo » devient au fur et à mesure un évènement à chaque nouvel épisode, d’autant que l’univers visuel mis en place avec Daymolition est brut et nerveux. Avec cette série de titres compilés dans une mixtape, Fianso signe l’acte de naissance de sa deuxième partie de carrière et accède à un statut qu’il n’osait même plus espérer, celui de tête d’affiche majeure du rap français.
JESUISPASSÉCHEZSO
Premier label avec lequel signe Fianso à ses débuts, après un freestyle devant une pompe à essence. Malgré des difficultés liées à la santé économique du rap indépendant pendant les années 2000, le rappeur publie tout de même deux projets chez Karismatik en 2008
(« Première claque ») et 2010 (« La Vie de cauchemar »). Le potentiel de Sofiane à l’époque attire l’attention de plus grosses écuries (Six-O-Nine, Banlieue Sale), mais pour des raisons détaillées dans le titre « Lettre à un jeune rappeur », ces signatures n'aboutissent pas.
À l’époque, Karismatik est tout de même un label indépendant qui compte, on se rappelle notamment de cette émission spéciale de la version télévisée de Planète Rap, entièrement consacrée aux artistes de l’écurie, avec Kenza Farah en tête d’affiche.
KARISMATIK
L’un des grands classiques de Sofiane, qui continue à être cité parmi ses titres les plus marquants, huit ans après sa sortie. Plus de sept minutes de rap sans refrain, avec énormément d’introspection et de recul sur l’industrie du disque et les coulisses de ce milieu
(« Deux rappeurs ne s’entendent que pour parler mal d’un troisième »). Réécouter ce titre aujourd’hui est un moyen de comprendre l’évolution de carrière atypique de Fianso : ses premiers pas, sa volonté de rester indépendant, la raison de ses faux-départs. C’est aussi l’occasion, pour tout rappeur en devenir, de recevoir quelques bons conseils de la part d’un artiste passé par mille galères avant d’atteindre le succès (« Ne dis jamais : envie je n’ai pas, fatigué je suis »). À signaler cet excellent remix de « Lettre à un jeune rappeur » par Madizm.
LETTRE À UN JEUNE RAPPEUR
Producteur historique du rap français, Madizm a travaillé avec des groupes légendaires comme le Suprême NTM ou la Fonky Family. À la fin des années 2000, le beatmaker remarque le talent et le potentiel de Sofiane. Après une première rencontre en 2007, tous deux finissent par travailler ensemble régulièrement à partir de 2010, une époque où le rappeur est blacklisté un peu partout. Fianso exprimait d’ailleurs sa reconnaissance en interview chez Noisey en 2017 : « Avec Rohff, il a fait partie des deux seules équipes qui m’ont ouvert leurs portes quand j’avais des embrouilles partout, des kiffeurs de sons qui m’ont dit : fais ce que t’as à faire en studio, c’est pour nous. Ils m’ont soutenu ». Comme tout bon producteur, Madizm conserve des dizaines de titres jamais sortis dans ses disques durs. Il a ainsi dévoilé un « Black album » de Fianso fin 2019, avec quelques indispensables comme les remixs de Lettre à un jeune rappeur, 93 Empire, une collaboration improbable avec Shyne et un featuring virtuel avec Salif.
MADIZM
Depuis son retour au premier plan, Fianso s’est lancé de bon nombre de projets ambitieux, réalisant l’impossible à plusieurs reprises : sortir Alpha 5.20 de sa retraite, jouer Gatsby le Magnifique au théâtre, réunir tout le 93 sur un même album, se sortir sans bruit d’un beef avec Booba… Mais réunir le Suprême NTM pour enregistrer un morceau inédit est un exploit encore plus fou quand on sait que le groupe n’avait rien produit de neuf depuis 20 ans. Symboles du rap français et de la Seine-Saint-Denis, Kool Shen et JoeyStarr ne pouvaient pas manquer à l’appel d’un projet centré sur leur département. La participation du duo a d’ailleurs failli être compromise par l’ingénuité de Vald au cours d’un tournage avec JoeyStarr, qui n’était alors pas au courant de sa propre participation à l’album. Tout s’est bien terminé, le titre « Sur le drapeau » a fini single de platine et a porté la réussite de l’album « 93 Empire ».
NTM
La carrière de Sofiane, un rappeur dont le parcours se résume en « 90 minutes sur le banc, 300 000 albums dans les arrêts de jeu », est un modèle d’obstination et de détermination. Considéré comme un véritable forceur à l’époque où il s’incrustait littéralement dans des dizaines de freestyles sur Planète Rap ou qu’il intégrait la « Booska Tape » alors qu’il n’était pas prévu au casting, Sofiane a réellement dû s’arracher pour se faire une place dans le milieu du rap. Son retour au premier plan en 2016 est le fruit de cette obstination : là où n’importe quel autre rappeur aurait laissé tomber, il a tenté une énième fois de relancer sa carrière, construisant sa nouvelle notoriété avec un travail acharné sur la série « #JesuispasséchezSo ».
OBSTINÉ
Lieu de passage inévitable de tout bon rappeur français (hors PNL), l’émission présentée par Fred Musa depuis plus de 20 ans a accueilli Fianso, volontairement ou non, des dizaines de fois. La technique bien rodée du rappeur est racontée par Fif de Booska-P dans l’épisode 8 des Fif Stories : « Il est invité dans certains Planète Rap... mais la plupart du temps, il n’est pas invité. Sa technique, c’est de s’introduire, de prendre le micro quand il sent que c’est le moment et de balancer ses freestyles [...] Il connaissait un mec de la radio qui le faisait rentrer ». Au fil du temps, Fianso est devenu un véritable invité de marque de l’émission-phare de Skyrock, si bien que le rappeur entretient aujourd’hui une relation privilégiée avec Fred Musa, racontée dans l’émission Légendes Urbaines de Juliette Fievet : « Il a été témoin de tout, il a tout vu : les frustrations, les embrouilles dans les Planète Rap, ma dalle de rapper, les déceptions, les faux-départs avec les mixtapes qui marchaient pas… »
PLANÈTE RAP
L’amour d’un rappeur pour les deux chiffres qui désignent son département peut parfois sembler un brin exagéré. Dans le cas du 93, on ne parle plus d’amour, mais véritablement d’adoration : du Suprême NTM à Kalash Criminel, les artistes locaux ont toujours revendiqué avec plus de force que les autres leur appartenance à leur département. Sofiane est encore un cran au-dessus puisqu’il a été le seul à se lancer dans l’entreprise faramineuse de réunir l’essentiel de la scène séquano-dionysienne sur un seul et même album. Son sens de la politique et sa force de persuasion ont ainsi permis de réaliser ce qu’aucun autre rappeur n’avait tenté avant lui.
QUATRE-VINGT-TREIZE
L’avocat de Fianso, starifié le temps d’un freestyle sur Skyrock, interprété par le rappeur avec les mains menottées dans le dos. Avec ses nombreuses frasques ces dernières années (blocage d’autoroute, tournage de clip qui se transforme en émeute…), Fianso a régulièrement dû faire appel aux services de son avocat, il était donc inévitable qu’il finisse par le
name-dropper. Maître Ruben est alors devenu l’un des avocats les plus connus des auditeurs de rap français, aux côtés de l’inévitable Maître Lebras (Booba), de Maître Simonard (Niska) ou Maître Bouzrou (LIM, Rim’K, Lacrim). Interrogé par Street Press en 2017, L'intéressé racontait avoir beaucoup de nouveaux clients depuis cette mise en avant par Sofiane.
RUBEN (MAÎTRE)
La rencontre entre Soolking et Fianso est une belle histoire de confiance mutuelle. En 2017, le premier est invité par le second à freestyler dans l’émission
« Rentre dans le cercle ». Produit à l’époque par le label marseillais indépendant Hyper Focal, Soolking est rappelé quelques jours après l’émission par Sofiane qui lui propose une rencontre, puis une signature chez Affranchis Music pour développer sa carrière. Tous deux s’entendent et affichent rapidement des ambitions communes. Lui qui avait déjà un début de carrière prometteur en Algérie a véritablement franchi un cap en signant avec Fianso. En quelques mois, Soolking explose, devient une star internationale et bat quelques records : son freestyle « Guérilla » devient par exemple la vidéo la plus vue de l’histoire de la chaîne YouTube de Skyrock (293 millions de visionnage et ça ne cesse d’augmenter !). Soolking est l’exemple le plus frappant des qualités de dénicheur de talent de Fianso.
SOOLKING
Le clip le plus discuté et débattu de la carrière de Sofiane. Tout le monde connaît l’histoire : une autoroute bloquée pendant quatre longues minutes, une table posée au milieu des voies pour y boire un café et une condamnation définitive à quatre mois de prison avec sursis assortis de 1 500 euros d’amende. L’opération s’avère tout de même payante : « Toka » devient l’une des vidéos les plus visionnées de sa clipographie, et surtout, le buzz est énorme. Avec un peu de recul, le rappeur a tout de même fini par regretter son geste, en particulier lorsque son père, interrogé par Sept à Huit sur TF1, le recadre gentiment face à la caméra.
TOKA
Simple featuring avec Kool Shen publié au milieu de l’été 2020, « Undustry » est surtout un titre révélateur de la dimension de chef de l’industrie du disque prise par Fianso au cours des dernières années. Bien conscient qu’une carrière de rappeur ne dure pas éternellement, il a rapidement pris les devants en se transformant en patron de label : c’est ce qu’il revendique dès l’entrée de ce morceau avec l’outrecuidant « J’tiens l’industrie dans ma main gauche, le soleil dans ma main droite ». Véritable entrepreneur, Sofiane a en effet pris les rênes de divers business dans des secteurs variés : son label Affranchis Music, évidemment, mais aussi le gaming, l’émission
« Rentre dans le cercle », ses divers partenariats (fondation Abbé Pierre), son projet de création de Victoires de la musique du rap… un véritable « business model en forme de tarentule », pour reprendre les propos du rappeur dans « Épisode sombre ».
UNDUSTRY
Loin d’être évidente tant les univers des deux rappeurs divergent, la relation entre Fianso et Vald s’est révélée aussi bonne d’un point de vue humain que fructueuse d’un point de vue artistique. Avec l’auteur de « Agartha », Sofiane peut se permettre de se lâcher complètement, d’abandonner son sérieux de patron d’industrie ou son regard noir de mec du 93 : on ne l’a par exemple jamais vu aussi décomplexé et désireux de s’amuser que sur le freestyle « Dragon », un morceau loufoque qu’il n’aurait probablement pas osé en solo. Autre signe de l’excellente entente entre les deux rappeurs, la fameuse rime « c’est Many l’ami trahi, qui manie la mitraillette », qui a marqué les esprits sur le titre collectif Woah, gentiment empruntée par Fianso à Vald en studio, anecdote qu’il dévoilait chez GQ l’an dernier.
Vald
Le titre par lequel s’est dévoilé l’ambitieux projet « 93 Empire » en août 2018, avec un casting ahurissant : Kalash Criminel, Heuss L’Enfoiré, Soolking, Vald, Sadek, Mac Tyer, évidemment Fianso, et une apparition inattendue de Kaaris dans le clip en guise de conclusion. À l’époque, l’enregistrement de l’album n’avait pas encore été dévoilé au public, la publication de « Woah » constituait donc un bel événement qui a engendré bon nombre de fantasmes de la part des auditeurs. Les débats étaient ouverts par ailleurs pour définir le MVP du morceau : Mac Tyer et Vald sont plébiscités, même si beaucoup retiennent surtout la punchline « C’est Many l’ami trahi, qui manie la mitraillette », prononcée par Fianso mais écrite par Vald.
WOAH
Une histoire très touchante racontée par Sofiane en juillet 2020 dans l’émission « True Story » sur Amazon Prime Vidéo. Des années avant les gros succès, le rappeur a rencontré un fan venu de Toulouse, Xavier. Celui-ci a fait la démarche de se rendre au Blanc-Mesnil, de trouver l’adresse du rappeur et, après avoir dormi sur le palier de sa porte, de réussir à le contacter. Après quelques rencontres, il lui laisse des classeurs pleins de textes, des centaines de feuilles narrant les pensées « d’un petit un peu torturé, qui se sent mal dans sa vie, mal dans sa peau ». Des années plus tard,
le titre de l’un des textes écrits par Xavier inspirera à Fianso l’un des plus gros tubes de sa carrière : « Lundi ». le rappeur profitait d’ailleurs de son passage chez « True Story » pour inviter Xavier à le recontacter et à revenir boire un café avec lui. À l’heure actuelle, on ne sait pas si le fan toulousain a reçu le message, mais être à l’origine d’un morceau aussi important dans la carrière de son idole est une belle récompense.
XAVIER DE TOULOUSE
Le titre d’un morceau consacré à l’amour qu’il éprouve pour sa maman, symbole du rapport ambivalent qu’il affiche avec les mères en règle générale : s’il a énormément de respect pour la sienne, il a également une très forte tendance à insulter celle des autres
(« Longue vie et nikomok », « Tu parles mal à Fianso, nique ta mère », « Ils auraient dû vendre du crack à sa mère enceinte », etc.). Étonnant quand on sait que dans ce même titre « Yema », Sofiane lance dès les premières mesures un conseil à ses auditeurs :
« Prends soin d’ta mère, petit, au lieu d’insulter celle des autres ». La maman de Sofiane, elle, est à l’origine de la belle carrière de son fils : employée chez France Loisirs quand il était enfant, elle l’a poussé à prendre goût à la lecture, ce qui petit à petit lui a donné envie d’écrire ses propres textes. Visiblement, elle a plutôt bien fait son travail puisque le goût de son fils pour les lettres l’a mené jusqu’aux planches de théâtre.
YEMA
« Quand j’arrive dans le cinéma, ou quand je me retrouve mis en scène à Avignon, j’y vais sans prétentions : je ne suis pas Fianso le rappeur, je suis Sofiane Zermani. » Ces propos tenus dans l’émission Clique TV symbolisent la double vie artistique de Sofiane. Parfaitement à l’aise dans le monde du rap, où il est une référence, il n’hésite pas à jouer de son personnage et à utiliser son pseudonyme, connu par tous. En revanche, quand il débarque dans un domaine qui n’est pas le sien, qu’il doit prouver sa valeur et travailler comme s’il n’avait aucune légitimité, il redevient alors un simple civil, sans les privilèges que lui confère son statut de star du rap. Il n’est plus Fianso mais bien Sofiane Zermani.
ZERMANI
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